Cas cliniques

Un Délirium en réanimation n'est pas forcement agité

"Fermez la porte, toutes les bêtes au plafond me tombe dessus, Merci". Délirium non agité chez une patiente intubée-ventilée après hémorragie méningée. Description écrite par la patiente des troubles auxquels s'ajoutent des demandes raisonnées.


Commentaire

Le délirium en réanimation constitue un facteur indépendant de mortalité. Certaines études retrouvent jusqu'à 80% des patients victimes d'épisodes de délirium en réanimation. Ces épisodes ne sont pas synonymes forcement d'agitation. La description des troubles et les demandes écrites de cette patiente (hallucinations visuelles, heure précise du déjeuner et arrêt des attaches) sont au centre du diagnostic (hallucinations visuelles plutot qu'auditives et aspect intermittent) et des traitements (préventif avec réflexion sur la nécessité d'attacher les mains et réassurance sur les heures de la journée). Il ne faut pas attendre l'agitation pour porter le diagnostic. En dehors de la prévention, Le traitement est d'abord l'arrêt des traitements anti-cholinergiques (nombreux), le traitement de la douleur et enfin les neuroleptiques à très faibles doses (halopéridol 1 à 2 mg, IV) sont discutés. Les benzodiazépines ne sont indiqués que dans les situations de sevrage (delirium tremens, par exemple). La physiopathologie de ces délirium est très étudiée et passe par la microglie cérébrale et l'équilibre entre neurones cholinergiques et dopaminergiques. Une séquelle neurologique (ancien AVC par exemple) est un facteur prédisposant.